Local, national et international dans un SGB commun

Les SIGB actuels, logiciel et données, sont installés sur une base locale administrée en général par le SCD. Mais déjà les données sur les usagers proviennent en grande partie des systèmes locaux de scolarité et les données du catalogue proviennent en grande partie du SUDOC qui s’alimente lui-même en partie à d’autres sources bibliographiques nationales ou internationales via les chargements ou les accès Z3950. Les SGB de nouvelle génération sont au contraire installés sur une base internationale qui met en commun les données de toutes les bibliothèques et de leurs fournisseurs. Le local et même le national deviennent des périmètres particuliers au sein de la base internationale. En quoi cette situation modifie-t-elle l’activité aux niveaux local et national et prend-elle correctement en compte ces niveaux ?

La circulation et les acquisitions sont les fonctions locales par excellence des SIGB. La circulation restera la principale fonction locale des SGB. Utilisée essentiellement en banque de prêt, elle exige classiquement une grande disponibilité du système, de bons temps de réponse et une connexion sans faille entre le logiciel et divers appareils (postes de prêt, automates, contrôle antivol, voire contrôle d’entrée). A priori l’informatique dans les nuages s’engage fortement sur la disponibilité et les temps de réponse. En revanche on peut se demander ce qui se passera en cas de ralentissement du réseau ou de difficulté de connexion d’un matériel de prêt. Enfin les données personnelles des usagers gérées par le module circulation constituent la partie sensible des SIGB. Elles sont souvent stockées sur des serveurs internes et seul le dossier lecteur personnel est accessible de son propriétaire depuis l’extérieur. Il conviendra de trouver une solution conforme à la réglementation française sur ce point. Si le système commun ne stocke que les identifiants des lecteurs, la connexion indispensable aux données complètes stockées localement peut créer un ralentissement.

Les acquisitions évolueront beaucoup avec les nouveaux systèmes. L’intégration du niveau local de la fonction à un environnement commun qui associe bibliothèques et fournisseurs, en particulier fournisseurs de ressources électroniques, constitue une grande amélioration. Elle devrait à la fois simplifier la gestion actuelle des commandes et de leur suivi et donner une nouvelle ouverture à la politique documentaire locale. Toutefois le bon niveau commun pour les acquisitions est autant national qu’international et les fournisseurs nationaux ou locaux ne participent guère pour l’instant aux systèmes partagés. Par ailleurs le volet financier des acquisitions restera local et doit s’intégrer correctement au circuit financier de chaque établissement.

Le catalogue est aujourd’hui constitué en parallèle aux niveaux national et local. Les normes documentaires sont élaborées au niveau international, mais leur régime d’application est du ressort national avec des variantes de règles et de formats. L’existence de bases séparées laisse une grande autonomie locale et nationale dans le choix des données chargées et le traitement des données. Le partage d’une base internationale commune doit préserver la marge d’autonomie locale et nationale, mais il obligera au minimum à définir un niveau international d’échange sur le choix des données chargées et l’application des règles et des formats. Le SGB commun traitera la grande masse de la documentation courante qui peut être mise en commun. Certaines bases locales (plates-formes pédagogiques) ou nationales (portail des thèses, bases patrimoniales, licences nationales) resteront séparées. Le périmètre exact des bases séparées pourra évoluer, mais elles devront au minimum pouvoir échanger des données avec la base commune ; le PEB est un exemple de fonction dont l’intégration ou la séparation reste à étudier.

Rappelons pour finir que la France n’est pas seule en Europe à s’interroger au niveau national sur les SGB nouvelle génération et qu’une concertation au moins informelle est indispensable au niveau européen.

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Une réflexion sur “Local, national et international dans un SGB commun

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